Deviner l'e-mail professionnel d'un prospect : la CNIL fixe le cadre
CNIL, 16 octobre 2026 : reconstituer l'adresse professionnelle d'une personne à partir de son nom et de son employeur reste soumis au RGPD ; l'intérêt légitime peut s'appliquer, sans automatisme.
- Le 16 octobre 2026, la CNIL a publié deux pages sur la reconstitution d'adresses e-mail professionnelles à partir du nom et de l'employeur.
- Même non publiée en ligne, une adresse déduite reste soumise au RGPD, et l'intérêt légitime n'est admis que cas par cas, sans automatisme.
- Pour une agence, mieux vaut prospecter des contacts légitimes que deviner des adresses, et ces pages ne sont pas un avis juridique.
Le 16 octobre 2026, la CNIL a publié deux pages sur la reconstitution d'adresses électroniques professionnelles : déduire l'adresse d'une personne à partir de son nom, de son employeur et du format d'adresse de l'organisation, y compris quand elle n'a jamais été publiée en ligne. Les usages cités sont la constitution d'une base de contacts, par exemple pour de la prospection entre professionnels, et le contact ponctuel dans des relations institutionnelles. La CNIL rappelle que le caractère public d'une information ne dispense pas de respecter le RGPD ni les règles propres à la prospection commerciale.
Sans consentement, l'organisme peut s'appuyer sur l'intérêt légitime, mais seulement s'il en a un réel et si l'atteinte aux personnes n'est pas disproportionnée, à apprécier au cas par cas. Qui n'a aucune présence professionnelle identifiable en ligne, ou passe par un formulaire plutôt que par une adresse directe, ne peut a priori pas s'attendre à voir son adresse reconstituée. Garde-fous cités : ne conserver l'adresse que si un premier contact effectif a lieu dans un délai raisonnable, informer la personne dès que possible et l'exclure immédiatement si elle s'oppose, sans qu'elle ait à se justifier.
Pour AppH
- Une agence de domiciliation qui prospecte des cabinets comptables ou des créateurs d'entreprise peut être tentée de compléter ses listes en devinant des adresses : c'est précisément le cas visé par la CNIL.
- AppH n'a pas besoin de deviner des adresses pour être utile : l'assistant prépare messages et suivi à partir des contacts que votre agence a déjà et peut légitimement utiliser, et un humain de l'agence valide chaque envoi.
Contre / la limite honnête
- La CNIL donne des critères, pas un test chiffré : aucune durée, aucun seuil ni aucune sanction ne figurent sur ces pages, et l'appréciation reste au cas par cas.
- Ces pages ne remplacent pas l'avis de votre DPO ou de votre conseil, et AppH ne donne pas de conseil juridique : la licéité de votre prospection reste de votre responsabilité.
Une adresse que l'on devine n'est pas une adresse que l'on a le droit d'utiliser. Avant d'automatiser la prospection, vérifiez d'où vient chaque contact : un assistant va aussi vite avec une liste douteuse qu'avec une bonne.
Vérifié par un humain d'AppH